Quand l’impossible devient possible

« A vendre, plein centre-ville de Shangaï :

  • Maison en matériaux recyclés, 200m2
  • Isolation thermique par l’air
  • Temps de fabrication : 24h
  • Prix d’achat : 3 500€ »

Cette annonce pourrait bien être celle qui permettra d’acquérir une des 10 habitations réalisées grâce aux quatre imprimantes 3D de la société Chinoise WinSun Decoration.

L’imprimante 3D est en train de révolutionner le monde industriel. Des secteurs comme l’aéronautique, le bâtiment où la médecine s’emparent de cette technologie. Comment assister les utilisateurs et quels sont les enjeux du marché de l’impression 3D ? Ce sont les questions que nous avons posées à Lionel Serot, Administrateur Réseau chez Tibco et féru de technologie. Acteur de la Plateforme C (un fablab nantais), il y assemble sa propre imprimante 3D achetée en kit. Témoignage d’un passionné :

L’assistance aux utilisateurs d’imprimantes 3D Tibco

Quand tout ne se passe pas comme prévu …

Quand on demande à Lionel comment les usines qui misent sur cette technologie sont épaulées au quotidien, il répond : «Prenons l’exemple de Yanis, le nouveau responsable de production d’un atelier qui fabrique des prothèses médicales. Il a modélisé une prothèse pour une rotule, destinée à un patient dont la fracture a abîmée le genou.

Après avoir lancé l’impression de la prothèse, Yanis a laissé faire sa machine durant l’heure et demie d’assemblage. En venant retirer l’objet fini, il s’est aperçu que la prothèse s’était imprimée en décalé. Pourtant le logiciel de modélisation avait envoyé les plans corrects à l’imprimante, il ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer. Comment faire pour obtenir la prothèse adéquate ?

Yanis, dont l’usine bénéficie des services à l’utilisateur connecté MDOC Tibco, a téléphoné au helpdesk :

– « Bonjour, je vous appelle car mon impression 3D n’est pas correcte, que faut-il que je fasse ? ».

Laeticia, technicienne au desk, lui a répondu :

– «Il fait froid en ce moment, on va regarder s’il ne s’agit pas d’un réglage température sur l’imprimante. Il faut augmenter proportionnellement la température de fusion du filament si on veut une impression parfaite par temps de basse température».

Une fois l’incident résolu, Yanis a pu relancer l’impression et envoyer dans les temps la prothèse au patient. Cet exemple illustre comment les utilisateurs peuvent bénéficier d’un support efficace.

Tibco assure les services aux utilisateurs connectés des MDOC

Lionel poursuit son explication : « Tibco s’est engagé dans le support à l’utilisateur connecté en déposant sa marque MDOC (Mobilité Device Objet Connecté). On offre des services qui aident nos clients à faire fonctionner leur imprimante 3D et aussi leur logiciel de modélisation. Les incidents sont résolus par les équipes Tibco, à distance où sur site. La fois dernière, Yanis a téléphoné au helpdesk en expliquant :

– « Je suis devant ma machine, elle semble bloquée, l’impression s’est arrêtée. »

Après vérification des points de contrôle élémentaires, la technicienne du desk lui a expliqué :

– « Les réglages des capteurs de positionnement se font sur votre ordinateur. Je vais prendre la main sur votre micro pour les vérifier. » Quelques instants plus tard, elle lui a donné son diagnostic : « A priori votre capteur de fin de course ne marche plus, je fais intervenir un technicien pour les changer sous 24h ».

Cet exemple nous montre comment les équipes de Tibco peuvent déclencher des interventions sur site. L’avantage pour les utilisateurs est que les services MDOC constituent une chaîne de support complète :

  • Réalisation de la check liste des contraintes extérieures
  • Correction des logiciels en prenant la main à distance
  • Intervention sur sites pour réparer les machines

Les enjeux du marché de l’impression 3D

Lionel est intimement convaincu que l’impression 3D représente l’avenir du monde de l’industrie. « Cet outil se démocratise de plus en plus et bientôt, même le droguiste du coin aura son imprimante 3D pour réaliser des pièces à la demande. »

Un marché aux acteurs divers

Il s’agit d’un marché qui pèse plus de 21 milliards de dollars, détenu à la majorité par les Américains. Les acteurs qui le composent sont :

  • Des fabricants d’imprimantes 3D (avec des prix grand public à partir de 100€ et jusqu’à 500 000€ pour l’industrie) dont Creatix et Volumic pour citer des acteurs français
  • Des fabricants de consommables (comme des bobines de filaments de matière)
  • Des développeurs et éditeurs de logiciels de modélisation 3D

Le fonctionnement d’une imprimante 3D

Une impression peut durer en moyenne de 30 mn à 4h, en fonction de la taille de l’objet et de la machine. Il existe plusieurs systèmes d’impression 3D :

  • Le dépôt de matière : un extrudeur chauffe un filament de matière et le répand
  • La solidification par lumière :
    • Par bain de produit liquide : un laser vient « griller » ce liquide et l’agglomérer
    • Par frittage laser : un laser fait entrer en fusion des particules de poudre (aluminium, sable …) afin de réaliser des objets
  • L’agglomération de poudre par collage : en déposant sur une poudre de composite de la glue colorée

Une conception des pièces en amont

Dans tous les cas, la machine imprime un objet préalablement modélisé en 3D grâce à un logiciel. Ce logiciel décompose l’objet couche par couche et envoie les « les plans » par G-code à l’imprimante qui les exécute. Le logiciel peut modéliser un objet en 3D à partir :

  • De plans directement conçus sur ordinateur
  • D’un scan de l’objet
  • D’une photographie ou d’une vidéo de l’objet

Les avantages de l’impression 3D

Précise et rapide, l’impression 3D trouve une fonction dans divers secteurs.

  • En médecine, on modélise des organes et on conçoit des prothèses. Les chriurgiens peuvent s’entraîner avant des opérations complexes sur des répliques d’organes de leurs patients.
  • Dans le textile, Nike conçoit déjà des semelles de chaussures grâce à l’impression 3D par frittage.
  • Les architectes s’en servent pour réaliser des maquettes de projets en 3D qu’ils montrent à leurs clients.
  • Dans le BTP, en plus d’imprimer des maisons en un temps record, il est possible d’élever des ponts en y intégrant les échafaudages.
  • Dans l’aérospatial, ce sont des pièces entières qui sont imprimées avant d’être assemblées

Pour Lionel, c’est une technologie qui « offre l’opportunité de relocaliser les productions, avec la possibilité de produire en série limitée des modèles sur-mesure. C’est aussi un bon moyen de favoriser l’économie circulaire : vous avez cassé une pièce de votre cafetière qui n’est plus produite sur le marché ? Imprimez la pièce de rechange plutôt que d’en racheter une neuve ! »

 

Interview de Lionel Serot, Administrateur Réseau, réalisée par Célia Schwanengel.

Faites-nous part de vos réactions en postant votre commentaire !

  Autres articles qui pourraient vous intéresser :

Les MDOC :

Pour aller plus loin :