Il n’est plus la peine de rappeler le programme phare « hôpital numérique »,  qui œuvre pour le développement et la modernisation des systèmes d’information hospitaliers. Ce programme lancé depuis 3 ans a atteint son plein régime durant l’année 2014 : un grand nombre d’établissements privés et publics ont atteint les prérequis nécessaires au dépôt de leur dossier. Ce dossier leur permet d’obtenir un soutien financier de la part de leur ARS (Agence Régionale de Santé) afin d’informatiser un ou plusieurs domaines fonctionnels prioritaires.

Nous nous retrouvons donc dans plusieurs établissements face à une situation qui est pour le moins dramatique ou burlesque, eu égard aux enjeux financiers et réglementaires de ce programme ….

Pourquoi l’effet « KISS COOL » au travers de ce programme ?

Atteinte des pré-requis PHN – le premier effet

Tous les participants au Programme Hôpital Numérique ont bien compris que les prérequis demandés au niveau du SIH servaient à accéder aux financements ARS mais pas forcément qu’ils allaient également être demandés pour leur future certification HAS.

logo-hopital-numeriqueEn d’autres termes, les établissements n’y échapperont pas et devront forcément atteindre le niveau de maturité attendu, tôt ou tard.

Dans l’urgence de cette manne financière liée au PHN, nombre d’établissements ont «enjolivé » leur dossier d’atteinte des prérequis. A juste titre, ils estimaient se mettre dans une dynamique pour atteindre réellement ces pré-requis au fil des semaines qui suivaient le dépôt du dossier. En tout cas, avant leur prochaine certification HAS ou contrôle de la part de l’ARS.

Là où le bât blesse pour les directions des systèmes d’information, c’est que la réduction de cet écart plus ou moins important entre la réalité et l’objectif attendu nécessite des ressources, du formalisme, du temps, quelque fois de nouvelles compétences…

Or, ils n’en n’ont pas !!!! Ils n’en n’ont pas parce que la vie continue dans le SIH… Le maintien en conditions opérationnelles, le travail sur les projets engagés et à venir réquisitionnent déjà beaucoup de ressources : Premier effet Kiss Cool

Le Programme Hôpital Numérique  – le second effet

Les prérequis atteints, l’établissement peut postuler pour un ou plusieurs des 5 domaines fonctionnels.

PHN 5 domaines fonctionnels

Pour postuler, il se doit de mener différentes réflexions afin d’identifier ses besoins et priorités, les formaliser et présenter ses arguments à son Agence Régionale de Santé. Suivant le retour de son ARS, il va pouvoir obtenir du financement.  Précision importante, l’établissement a obtenu un budget d’amorçage du projet fonctionnel (20%), le reste du financement suivra à l’atteinte des cibles d’usages et des indicateurs (« recette » du projet).

Le second effet du PHN va commencer à se faire sentir… En effet, la mise en place d’une solution fonctionnelle va indéniablement mobiliser des ressources : ressources métiers, chef de projet, formateur, techniques… La DSI va donc devoir, là encore, fournir des moyens afin de pouvoir mener à bien ce nouveau projet.

La charge de travail étant ce qu’elle est et les ressources déjà bien occupées, les arbitrages vont être nécessaires. MAIS…la direction financière et générale souhaite rapidement recouvrir les sommes promises par l’ARS dans le cadre du (des) projet fonctionnel prioritaire.

Nous touchons là un dilemme cornélien : Comment la DSI va-t-elle réussir à satisfaire à la fois :

  • L’atteinte réelle et le maintien en condition opérationnelle des prérequis Programme Hôpital Numérique,
  • l’aboutissement dans un délai rapide, pour raison financière, des projets autour des domaines fonctionnels prioritaires,
  • le quotidien qui reste déjà très chargé….

N’est-ce pas cette situation qui va naturellement convaincre les directions générales et les DSI de passer, sur certains pans du SIH, du faire au faire faire ?…

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Article rédigé par Yannick BOUCARD, Directeur du Pôle Santé, Tibco

 

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