Chant du cygne ou nouveau souffle ?

Avec la 3G hier ainsi que l’arrivée de la 4G aujourd’hui, le  véritable haut débit mobile est présenté comme la panacée à tous nos besoins de débit, en temps réel, en tout lieu et à tout moment. Loin de souffrir de cette concurrence,  la technologie WIFI, longtemps cantonnée aux hot-spots et autres besoins de connectivités sans fil, apparaît de plus en plus comme un complément indispensable aux «nouveaux réseaux xG ».

Le WIFI, qui s’est démocratisé au début des années 2000 essentiellement au niveau de nos ordinateurs portables en simplifiant l’interconnexion des réseaux de l’entreprise, de l’hôtel, du domicile…, permet d’éviter un câblage systématique et coûteux des locaux. Etant affranchies de cette contrainte, certaines villes déploient des hotspots WIFI dans des espaces publics (administrations, parcs, hall de théâtre, etc.).

Complémentarité Wifi, Edge, 3G, 4G selon la localisation et les usages

La 3G (UMTS), puis la 3G+ (HSDPA et  HSUPA) apportant l’accès à l’internet en situation nomade, les  ordinateurs portables s’équipent de clés 3G pour rester connectés au réseau de l’entreprise en déplacement (train),  mais aussi à l’internet. En l’absence de couverture 3G, le EDGE restant limité en termes de débit, dans un hôtel par exemple, la solution WIFI est un parfait complément aux limites de couverture/débit des réseaux xG et Edge, notamment en permettant l’accès partagé à l’internet (partage des ressources radio du WIFI et du lien ADSL en amont pour tous les clients de l’hôtel). LTELes besoins en bande passante « nomade utilisateur » étant en forte progression, la 4G est annoncée comme la réponse à ce besoin croissant permettant ainsi avec le développement du Cloud de consulter internet, regarder des vidéos en streaming, accéder à nos photos stockées sur le Cloud en mode diaporama, etc.

De la réalité économique

Pour des raisons économiques les opérateurs ne pouvant déployer leurs réseaux 4G à la même vitesse que l’accroissement de la demande, une priorisation des villes est effectuée afin de couvrir un maximum de clients en un minimum de temps tout en respectant leur engagement vis-à-vis de l’autorité de régulation des Télécoms, l’ARCEP.

Leur souci actuel est que désormais le marché du haut débit mobile est un marché de masse. Pour éviter une grosse frustration de la clientèle, il est urgent de compléter la couverture mobile à haut débit. Ainsi, la 3G+ supplée la 4G en périphérie des cœurs d’agglomérations, puis la 3G prend le relais, puis le EDGE et enfin le GPRS. Au final, sorti des grands centres urbains et zones péri-urbaines, la couverture ainsi que le débit obtenus, laissent à désirer.

« La » solution est alors le WIFI.

Simple à mettre en œuvre, éprouvé depuis des années, intégré de manière native dans nos smartphones, tablettes ou portables, il prend le relais simplement dès que la couverture de l’opérateur mobile est défaillante ou onéreuse pour la data (comme à l’étranger lorsque nous sommes en roaming par exemple).WIFI

Le WIFI est ouvert, libre et simple à déployer. Au domicile, il est simple de déclarer ses divers équipements (tablette, smartphone) de manière sécurisée (WEP, ou mieux WPA) sur une box ADSL. Dans l’environnement professionnel, il en est de même pour nos équipements personnels si la politique du BYOD est encouragée (la question du matériel professionnel ne se pose pas). En déplacement, à l’hôtel ou dans des lieux publics, c’est un peu plus délicat, car le fournisseur local du WIFI est responsable de son usage si l’utilisateur final n’est pas identifié. Suivant la législation du pays, il peut être astreint à vous fournir un identifiant et un code temporaire, pour la durée du séjour par exemple dans un hôtel, qu’il conservera pendant une durée légale variable et qu’il transmettra en cas de requête des autorités judiciaires. Il existe également des Hotspots payants avec services basiques gratuits, par exemple.

Il existe également des réseaux communautaires réservés aux clients d’un même opérateur. Chaque box, sur autorisation de son propriétaire, peut allouer de la bande passante WIFI à un tiers, abonné au même opérateur ADSL et ayant lui aussi « ouvert » le WIFI de sa box, de passage à proximité.

Cette facilité de mise en œuvre (pas de licence, paramétrage simple, coût réduit) induit plusieurs revers :

  • Accès et débit non garantis
  • Un risque de brouillage accru en zone dense, car toutes les box sont réglées initialement de la même façon pour un opérateur donné et le nombre de canaux n’est pas infini. L’accessibilité et/ou le débit peuvent en souffrir.
  • Risque d’interception ou de piratage si le cryptage est faible ou pire inexistant.

Conclusion :

nicolas-bourget-tibcoMalgré toutes ces contraintes et ces divers inconvénients, voire risques avérés et bien réels, l’usage du WIFI est plus que jamais complémentaire, mais surtout indispensable, au déploiement des réseaux 3G, 4G et suivants. Cette technologie de transmission de données sans fil a su résister au fil des ans et se démocratiser au point de devenir indispensable aujourd’hui dans l’univers des utilisateurs « connectés ». Reste comme pour toute nouvelle pratique à en apprivoiser les bons usages pour sécuriser son utilisation (cryptage, clé, identification, etc.).

Article rédigé par Nicolas BOURGET, Directeur Technique, avec la contribution de Erwan BOISROBERT

Pour en savoir plus,

Du même auteur : L’avènement de la 4G et ses effets secondaires sur les réseaux mobiles existants.

Lexique :

4G : Définie par l’UIT, elle correspond par assimilation à la technologie LTE Advanced normalisée par le consortium 3GPP. Actuellement sont déployés en France des équipements LTE, norme qui parfois est qualifiée de 3.9G, car en-deçà de la 4G en termes de performances. Aujourd’hui, l’usage de l’appellation 4G pour de la technologie LTE est tolérée par l’UIT.

ARCEP : Autorité de régulation de communications électroniques et des postes, l’ARCEP est le « gendarme » des télécommunications. Elle contrôle et vérifie de manière indépendante le respect des réglementations, de la concurrence et de la qualité des services fournis à l’usager.

BYOD : Bring Your Own Device – apportez vos équipements mobiles au travail. Concept récent, qui s’accélère dans les entreprises depuis 2013, et qui voit les employés utiliser leurs propres équipements sur le réseau (WIFI) de l’entreprise. Ce peut être à des fins personnelles, voire professionnelles, mais la gestion des compatibilités et les problématiques de droits du travail peuvent apparaître.

Cloud : (Nuage) c’est la dématérialisation « ultime » pour l’usager. Il peut disposer de services allant de l’espace disque basique à des flux vidéo en streaming, à des applications logicielles ou de la puissance de calcul déportée pour une entreprise. L’information est quelque part, sécurisée car dupliquée (normalement…), disponible en tout lieu à tout moment, sous réserve d’accès au réseau via la 3G, la 4G ou le WIFI. En pleine expansion, cette dissémination de l’information peut donner le vertige en termes de sécurité.

Hotspot : c’est un point d’accès WIFI (AP : Access Point) qui couvre une zone ponctuelle alentour, avec accès plus ou moins restreint aux usagers de passage, gratuit ou payant. Plusieurs Hotspots interconnectés à un routeur créent une zone de couverture WIFI (exemple : un hall de gare et ses quais).

IP : Internet Protocol. Par extension, on parle d’IP pour tout système en mode paquet utilisant ce protocole.

LTE : Long Term Evolution, technologie définie par le consortium 3GPP, est une étape de l’évolution des normes de téléphonie mobile qui promet 300Mbits/s en réception (version 8 et 9). La norme LTE Advanced lui succède avec 1Gb/s de prévu (version 10) et est considérée comme la véritable 4G au sens défini par l’ITU. La norme LTE Advanced, n’est pas la seule technologie à répondre à la définition de la 4G (cf. la norme WirelessMAN-Advanced proposée par l’IEEE).

Roaming : A l’étranger, tout utilisateur mobile, est accueilli en mode « roaming » sur un réseau tiers, suite à des accords de reversions entre opérateurs. Cette possibilité est une des clés du succès du GSM, car précédemment, il fallait s’abonner temporairement sur un réseau local, voire louer un équipement spécifique, pour avoir la possibilité de téléphoner à l’étranger.

WEP+WPA : Le WEP, Wired Equivalent Privacy, date de 1999. Ce dispositif de cryptage est relativement faible. Il a rapidement été remplacé par le WPA/WPA2, Wi-Fi Protected Access, qui permet un niveau de sécurisation bien supérieur (clé de 128 bits entre autres)