Tic-tac : Moins de 4 mois avant le 14 juillet 2015. Cette année, en plus de l’habituelle commémoration en l’honneur des événements des années 1789 et 1790, ce sera l’occasion de remercier Windows Server 2003 pour ses 12 années de bons et loyaux services.

Le constat

Les analyses nous indiquent que Windows Server 2003 demeure encore sur 5 à 15 millions de serveurs (physiques et virtuels). Allant du serveur embarqué (systèmes industriels) au serveur soutenant le PGI (Programme de Gestion Intégré, ERP en anglais), en passant par un nombre incalculable de contrôleurs de domaines Active Directory répartis tout autour globe, l’OS a su s’immiscer dans notre quotidien et il est difficile de l’en déloger.

Beaucoup se diront que leur système fonctionne parfaitement en l’état actuel. Alors pourquoi le faire évoluer au cours d’une migration complexe, pour un coût parfois incertain ? Et c’est vrai, toute migration incorrectement planifiée peut mettre à mal le budget de la DSI, voire pénaliser la production. Cela est vrai sur du court terme. A long terme, l’immobilisme coûte cher, très cher. Les entreprises ayant conservé de vieux systèmes sous Windows NT ou Windows 2000 l’avouent aujourd’hui : il arrive un jour où le train est parti, vous laissant seul et dépourvu sur le quai de la gare.

Pris entre le marteau et l’enclume, l’important est de planifier longtemps à l’avance l’évolution du système d’information.

Des systèmes d’exploitation dont les sorties s’accélèrent…

…Avec pour conséquence une durée de vie de plus en plus courte !

Produit Sortie initiale Fin du support
étendu
Durée de vie
Windows Server 2003

28/05/2003

14/07/2015

12 ans

Windows Server 2008

06/05/2008

14/01/2020

12 ans

Windows Server 2008 R2

22/10/2009

14/01/2020

10 ans

Windows Server 2012

30/10/2012

10/01/2023

10 ans

Windows Server 2012 R2

25/11/2013

10/01/2023

9 ans

WindowsServer2003Peu nombreux sont les éditeurs qui supportent un produit plus d’une décennie ! Ce tableau nous le montre, Windows Server 2003 a été le système d’exploitation qui a eu la plus longue durée de vie ; les nouvelles moutures devront être remplacées plus rapidement pour être dans un scénario supporté.

Quels sont les risques à garder Windows Server 2003 au sein de mon système d’information ?

Avez-vous pensé aux failles de sécurité ? La fin du support étendu signifie la fin des correctifs de sécurité développés par Microsoft. Nombre d’analystes craignent que certains pirates n’aient mis de côté quelques failles qu’ils se sont bien gardés d’exploiter jusqu’alors, attendant patiemment le jour où les clients ne pourront plus compter sur Microsoft pour se prémunir de nouvelles attaques.

Un marché où les compétences s’amoindrissent, avec des prestations externes qui verront leurs prix flamber. Oui ! Trouver aujourd’hui un expert sur Windows NT Server n’est pas facile, et cela se paye. Windows Server 2003 suivra indéniablement le même chemin.

Un système d’information à deux vitesses. Vous souhaitez changer votre système de sauvegarde mais le produit retenu, dans sa dernière version, ne supporte plus Windows Server 2003. Que faites-vous ? En maintiendrez-vous deux ? Il en sera de même pour vos outils de supervision, antivirus, plateforme de virtualisation, …

Des contraintes législatives. Pour une entreprise stockant des données sensibles sur ses serveurs, certaines lois vous obligent à ce que ces dernières soient positionnées sur des serveurs dont le système d’exploitation est supporté. C’est par exemple l’objet de la loi HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act) qui régit les organismes d’assurances santé. Enfin, avez-vous vérifié si votre assurance vous couvre dans le cas où un piratage aurait lieu sur des serveurs dont le système d’exploitation n’est plus supporté ni maintenu ?

Quelle posture adopter ?

Il n’est pas trop tard !

Cette évolution est un projet à part entière qu’il faut gérer comme tel, en 3 étapes :

 1. Recenser

Combien de serveurs au sein de votre système d’information exécutent encore Windows Server 2003 ?

Il conviendra, pour chacun des serveurs concernés, de relever :

  • Quelle est leur fonction ?
  • Quelles sont les applicatifs installés sur ces machines ?
  • Existe-t-il des mises à jour pour ces applications adaptées à des systèmes d’exploitation plus récents ?

2. Planifier

Il vous faudra ensuite, en tant que chef de projet, prévoir comment se fera l’évolution, sous quels délais et avec quels interlocuteurs. Cette planification permettra d’inscrire ce projet – et le budget qui lui est nécessaire – à la feuille de route de la DSI :

  • Faut-il prévoir des remplacements de matériels ?
  • Y a-t-il des licences à acquérir ? Sous quels délais ?
  • Comment et quand faire évoluer les applicatifs installés ?
  • Quels prestataires peuvent vous accompagner et sur quelles phases ?

Cela peut aussi être l’occasion pour migrer certaines applications vers une version plus récente (voire vers un tout autre produit) :

Exchange Server, par exemple, doit être installé sur de nouvelles machines en partant de zéro. Il pourrait donc être intéressant d’en profiter pour migrer vers une version plus récente du système de messagerie. Il en sera de même pour vos contrôleurs de domaine Active Directory, les services de bureaux à distance, etc.

3. Remédier

Dans cette dernière étape, et suivant le planning défini précédemment, il s’agira d’effectuer les opérations prévues.

Du CAPEX à l’OPEX : vers l’infini et au-delà !

Vous avez toujours mis un point d’honneur à investir et conserver votre infrastructure en votre sein ? Or, vous vous rendez compte qu’il est difficile d’offrir un service performant à un prix concurrentiel.

Prenons l’exemple de votre infrastructure de messagerie :

Elle fonctionne actuellement sous Exchange Server 2003, sur des serveurs dont le système d’exploitation est Windows Server 2003 et vous souhaitez la mettre à jour vers les derniers produits disponibles sur le marché : Exchange 2013 et Windows Server 2012 R2.

Cette évolution nécessite de faire un saut intermédiaire en Exchange 2010 avant de migrer définitivement vers Exchange 2013, là où une migration vers Office 365 aurait pu se faire en un seul saut.

Dès lors, le coût de la boite aux lettres On-Premises* et le service associé seront-ils compétitifs face à une solution Cloud comme Office 365 ?

Beaucoup d’autres services sont à votre disposition dans Microsoft Azure : hébergement de machines virtuelles pour vos maquettages, sauvegarde en ligne, externalisation de tout ou partie de vos machines virtuelles, bases de données, bureaux virtuels pour vos utilisateurs, …

Parlez-en avec vos spécialistes ! Ou réagissez en postant votre commentaire !

*On-Premises : terme qui définit un service hébergé dans votre propre Datacenter

TIBCO_Emmanuel_PETIT_NBArticle rédigé par Emmanuel PETIT, Consultant